Moonspell: Hermitage

OK, les comiques de service: on vous voit venir avec vos jeux de mots sur Hermitage, le dernier album de Moonspell. Est-ce que c’est « Dark Side of the Moonspell » ou « Moonspeth »?

Ah, non, pardon: ça ce sont mes blagues à moi. Mais je suppose que plein de gens y ont déjà pensé.

Moonspell, groupe portugais actif depuis près de trente ans, a joué sur plusieurs registres tout au long de sa carrière: black ou death-metal plus ou moins mélodique, plus ou moins gothique, plus ou moins prog. Sur ce nouvel opus, il semble avoir fait une cure massive de Pink Floyd.

Hermitage aligne onze pistes, entre trois minutes et sept minutes et demie, sur la version digipack que j’ai achetée. Enfin, dix pistes et une reprise de Candlemass. Au total, l’album dure une heure.

Quand je parle de « cure massive de Pink Floyd », je ne plaisante pas. Certaines des pistes de cet album semblent être sorties tout droit d’une session d’enregistrement de Dark Side of the Moon (l’intro de « Without Rule »). Bon, un peu retravaillées à la sauce Moonspell quand même. Mais pas tant que ça, en fait.

Ça fait bizarre. Surtout quand je me rappelle du précédent album, l’apocalyptique 1755, ou du concert avec Rotting Christ, en décembre pass… euh, décembre 2019.

Oui, j’ai un peu du mal à m’y faire. Bref.

Mais donc, dès le début, Moonspell pose le style de ce Hermitage: rythmes plutôt lents, sonorités vintage et psychédéliques, beaucoup de claviers, du chant clair. Alors OK, il y a quelques riffs qui mordent et du growl, mais on ne peut pas dire que c’est la teinte dominante.

« The Greater Good », qui ouvre l’album, est un de ces morceaux hybrides mi-death, mi-prog à l’ancienne, comme « Apophtegmata ». Mais « Common Prayers » et « All or Nothing », qui suivent, sont beaucoup plus clairement dans les sonorités floydo-progiennes. Sans parler de « Entitlement ».

Même des compositions plus metal, comme le morceau-titre ou « The Hermit Saints », arborent des sonorités peu courantes. Alors certes, Moonspell a un peu d’ADN musical goth (wisigoth, pour des Ibères), mais ça reste assez surprenant sur l’ensemble.

Je ne me plains pas, notez. Même si je ne suis vraiment pas un fan d’Opeth, j’avoue que Hermitage, dans son ensemble, m’est plutôt agréable. Mais je suis quand même surpris. Il arrive que des groupes de metal, dit « extrême », finissent par se lancer dans le prog, mais là, on n’est pas loin d’un virage à 180°. Au frein à main.

Disons que si vous êtes fans des facettes les plus brutales de Moonspell, vous allez avoir un choc. Pour ma part, je trouve que ce Hermitage est plutôt sympa. Peut-être un peu anecdotique dans la carrière du groupe, mais sympa.

Bonus: la vidéo de « The Hermit Saints »

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9 réflexions au sujet de “Moonspell: Hermitage”

  1. Un jour, je suis tombée The Greater Good. Le soir même je faisais la préco de la box…Seule recommandation à ceux qui veulent conserver leur bonne humeur: ne pas lire les paroles…

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  2. Ben tu vois, ta chronique m’a donné envie de l’écouter, et de l’écouter, il n’y a qu’un pas vers l’achat 😉

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  3. Ouais trop fort, quand tu dis que c’est une album “anecdotique”, tu me donne envie de l’écouter, juste par esprit de contradiction 😉
    J’ai commandé la chose, les titres sur Bandcamp m’ont fait saliver.

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  4. Fourbe tu es ! jette une oreille ou deux à l’occasion à Mountain Fever de Subterrean Masquerade (sortie le 14 mai).

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