"New York 2140", de Kim Stanley Robinson

“New York 2140”, de Kim Stanley Robinson

Ce qu’il y a de bien avec un roman comme New York 2140, de Kim Stanley Robinson, c’est qu’avec le titre, on a déjà une bonne idée de quoi ça va parler. Ce qu’il y a aussi de bien, avec ce bouquin, c’est que ce n’est pas la seule chose de bien dedans.

Donc, New York 2140, c’est l’histoire d’un groupe de gens à New York, en 2140. À cette époque, tout le sud de Manhattan est devenu une “Supervenise”, avec une montée des eaux de quinze mètres qui a transformé les avenues au sud de la 46e Rue en canaux.

Certains bâtiments se sont effondrés sous l’impact des eaux, d’autres sont devenus des squatts sordides en sursis et quelques-uns, comme le Metropolitan Life (affectueusement surnommé “Met” par ses habitants et centre de l’histoire présente) sont devenus des immeubles d’habitation communautaires.

Parmi ses habitants, on compte l’inspecteur Gen Octaviasdottir, de la police de New York, Charlotte, une ancienne employée de la ville dont le travail a été privatisé, Franklin Garr, un petit génie de la finance, Amelia Black, star du “cloud” qui tâche de sauver les derniers animaux sauvages, Vlade, le concierge et homme à tout faire de l’immeuble, Roberto et Stefan, deux gosses des rues à la recherche de trésors, ou un duo d’informaticiens aux idées séditieuses.

On a également, en interludes, des chapitres signés par “un citoyen”, qui remet en perspective l’histoire du monde jusqu’en 2140. C’est de l’exposition pure, mais c’est de façon assez amusante, par un narrateur visiblement pas objectif du tout, et ça rajoute une touche personnelle à l’ambiance.

Alors disons les choses ainsi: la partie “roman” de ce bouquin n’est pas des plus palpitantes. Il se passe des choses – une chasse au trésor, un enlèvement, des sabotages, un gros ouragan et des émeutes – mais c’est assez décousu et la trame principale se dénoue plus ou moins toute seule.

New York 2140 est plus une chronique – à l’image de la “trilogie de Mars” du même auteur ou à celle de Makers ou de Walkaway, de Cory Doctorow. Au reste, pas mal des thèmes centraux de ce bouquin – catastrophe climatique, réfugiés, lutte contre la finance, etc. – sont assez similaires à celles développées par Doctorow dans ses ouvrages.

(Après, Robinson n’est pas Doctorow et je trouve que ses critiques sociales manquent un peu de mordant et d’idées nouvelles.)

En fait, j’ai trouvé que la force principale de ce bouquin, c’est la description de la vie dans cette ville partiellement engloutie, mais cependant encore active. On est loin de la ville-fantôme de La Cité des eaux mouvantes. À la Supervenise du sud de l’île font écho les “supertours” de plusieurs kilomètres de haut du nord. Et, au milieu, on a les New-Yorkais et leur caractère bien trempé – sans jeu de mot.

En conclusion, je dirais que New York 2140 est un plutôt bon bouquin, mais pas un chef d’œuvre non plus. J’avoue que j’avais quelques appréhensions nées de mes souvenirs de Mars la Bleue, mais cet ouvrage s’est avéré plus facile à lire. Il est cependant plus intéressant par son contexte que par son intrigue ou son écriture.

Je n’ai trouvé qu’un autre avis sur ce livre: chez Blog-o-Livre. Si vous faites une chronique, faites-moi signe.

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9 commentaires sur ““New York 2140”, de Kim Stanley Robinson”

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