Steven Wilson: To the Bone

Steven Wilson: To the Bone

Steven Wilson l’avoue lui-même à demi-mots: To the Bone, son nouvel album, est un exercice de style. Un album pop pour un des grands noms du prog, inspiré par les glorieux prédécesseurs des années 1980 – au premier rang desquels le So de Peter Gabriel.

Ça pourrait prêter à sourire, quand on considère la discographie du britannique, mais l’exercice est sans doute plus difficile qu’il n’y parait. Comment en effet condenser en quatre ou cinq minutes des compositions deux à trois fois plus longues tout en les gardant faciles d’accès?

To the Bone s’essaye à cette quadrature du cercle sur onze pistes et une heure. Comme c’est tout de même Steven Wilson, il ne résiste pas à l’envie de placer un morceau de neuf minutes (« Detonation »).

On va tout de suite casser le suspens: To the Bone ne sera sans doute jamais le So de Steven Wilson. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mais l’époque a changé, les chances d’avoir ne serait-ce qu’une des pistes en rotation intensive sur n’importe quelle radio labellisée « pop » sont à peu près nulles.

Dans le même temps, je doute que ce soit réellement le but. Le musicien a voulu ici prouver – sans doute à lui-même plus qu’à ses fans – qu’il était capable de faire une musique plus accessible, plus pop. Après, si vous voulez mon avis, Steven Wilson est loin de composer le prog le plus abscons du moment.

Du coup, ce To the Bone est une collection de morceaux « calibrés pop », mais qui restent du Steven Wilson pur jus, du début à la fin. Rien dans cet album ne dépareillerait vraiment dans un autre des opus du musicien.

Bon, c’est clair que si on attend un album de rock progressif, il y a des chances que l’on soit déçu. Et si on attendait un album à la So, ça manque singulièrement du côté primesautier de l’opus de Peter Gabriel. On est plus dans une musique en demi-teinte, avec des touches de mélancolie.

Il y a quand même de très belles compositions, comme « Nowehere Now », « Pariah » et sa voix féminine – hommage appuyé à « Don’t Give Up » – ou « Blank Tapes », qui a de faux airs de Supertramp. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’un « Same Asylum as Before » n’est pas un morceau prog, dans la grande tradition du Yes période 90125!

Au final, Steven Wilson ne réussit peut-être pas son pari originel – et, quelque part, c’est tant mieux, on n’est plus en 1986 – mais il signe avec To the Bone un album agréable et accessible qui renforce encore sa position de compositeur phare de la scène rock en général et prog en particulier.

Si vous connaissez quelqu’un qui cherche à découvrir le prog, c’est probablement le cadeau de Noël idéal.

 

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Neoprog dit :

    Très belle chronique loin des débats stériles, j’aime bien la comparaison avec So.

  2. J’ai aimé l’album et ne connaissant pas « So » de Peter Gabriel, je ne peux pas faire la comparaison.

    Un très bon Steven Wilson, varié et sympathique. Merci pour la chronique 🙂

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