Thy Catafalque : Geometria

Thy Catafalque : Geometria

Le souci, avec la frange la plus expérimentale du metal progressif, c’est de savoir à quel moment on quitte le rivage de l’expérimentation bluffante pour être emporté dans le grand tourbillon du nawak de la fin des temps. Ça doit être une question d’habitude, parce que je suis à peu près certains qu’il y a quelques années, j’aurais rangé Geometria, le nouvel album de Thy Catafalque, dans la seconde catégorie.

Thy Catafalque, c’est le projet du musicien hongrois Tamás Kátai, un fondu qui – comme le nom du projet l’indique – est parti du black-metal pour se lancer dans des expérimentations qui mélangent metal progressif, folk et électro, le tout parcouru de racines magyares et survolé par des voix féminines. Ouaip, pas vraiment le metal de papa !

On a par exemple “Hajnali csillag” qui donne dans un fond electro qui me rappelle Klaus Schultze agrémenté de folk à voix féminine, suivi d’un “Szamojéd freskó” electro-metal dans un style qui me rappelle la BO de Ghost in the Shell: Stand Alone Complex. Et ça ce sont juste les deux premiers morceaux d’un album qui en compte onze.

J’aime beaucoup ce que fait Thy Catafalque en général – en tous cas, depuis l’album Rengeteg, qui est le premier que j’ai découvert – et ce Geometria en particulier, mais je peux comprendre que ça soit déconcertant. Le mélange des genres combiné au chant en hongrois, ça donne quelque chose de réellement détonnant.

Mais, que l’on aime ou non, il faut en tout cas reconnaître au sieur Kátai un talent impressionnant pour accommoder tous ces styles différents – voire divergents – et leur donner une homogénéité. Et ce n’est pas non plus de l’homogénéité façon “on passe tout dans un mixeur et on rajoute un parasol en papier et une paille”: quand c’est folk, c’est folk, quand c’est électro, c’est électro et quand c’est metal, ça poutre (cf. “Ének a búzamezőkről”).

Je vous encourage donc vivement à aller sur la page Bandcamp de Geometria et de lui consacrer au moins une écoute. Je suis conscient que ce n’est pas forcément du goût de tout le monde et qu’il faut sans doute avoir une bouteille certaine en matière de metal progressif expérimental pour l’apprécier pleinement, mais c’est le genre d’expérience qui vaut la peine d’être faite au moins une fois.



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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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