Unprocessed: Covenant

Le défaut, quand on prend du retard dans ses chroniques musicales, c’est qu’il arrive qu’on se fasse rattraper par l’actualité. Témoin Unprocessed, groupe allemand dont j’avais chroniqué l’EP Perception en février et qui vient de sortir son premier “vrai” album, Covenant.

Unprocessed est une formation de metal progressif, tendance djent très marquée, qui oscille entre le mélodique planant avec épais nappage de claviers et death brutaliste, avec des pointes de cybermetal. Souvent au sein d’un même morceau. Voire plusieurs fois de suite. C’est bordélique, mais bien plus accessible que, mettons, un Periphery.

Avec dix pistes et cinquante minutes, Covenant est en apparence un album au format très classique. Il est vrai qu’aucun morceau ne dépasse les sept minutes, un seul atteignant la barre des six minutes et demie. Mais vous savez bien, depuis le temps, que le format ne fait pas tout.

Si vous avez écouté Perception, vous savez à quoi vous attendre: les compositions d’Unprocessed mélangent des influences électro, death, djent, atmosphériques et brutalistes, avec de multiples décrochages histoire de bien déstabiliser l’auditeur.

Covenant va encore plus loin: on a des passages pur atmosphériques, du growl de l’apocalypse sur fond de claviers ultramélodiques, suivi par une séance de tapping acrobatique avec des chœurs éthérés et des soli de furieux. Et là, je vous parle juste du passage d’environ une minute de “Malleable”, que je suis en train d’écouter au moment où j’écris ces lignes.

Tout l’album est de cet ordre: un mélange improbable d’ambiances multiples qui se croisent et forment des couches complexes. Évidemment, pour le chroniqueur, c’est un peu l’enfer: il m’est quasiment impossible de vous dire que j’aime bien telle ou telle piste.

Parce que si, dans l’ensemble, la musique d’Unprocessed dégage une formidable impression d’intensité et de complexité, j’ai parfois du mal avec ses aspects les plus brutaux ou techniques. Néanmoins, je ne peux pas non plus leur jeter la pierre: une grande partie de l’attrait de cet album vient justement de la juxtaposition de ces multiples ambiances diverses.

À mon avis, Unprocessed n’est un groupe pour les auditeurs casual: il faut lui consacrer de l’attention – et de l’énergie. C’est du metal progressif pour mélomane exigeant et qui n’a pas peur de se jeter la tête la première dans une zone de chaos primordial, sans savoir s’il va se faire bouffer la moitié de la face par une horreur rampante (ou un robot de combat mutant) ou s’il va tomber au milieu de la beauté glacée des galaxies les plus lointaines.

Le mieux, c’est bien sûr d’aller jeter une oreille (blindée) sur le site Bandcamp du groupe, qui propose Covenant à l’écoute et au téléchargement. Évitez juste de commencer par “Exhale”, qui est la plus brutale de l’album. Si vous n’êtes pas revenu dans trois jours, on envoie l’expédition de secours.


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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