Saor: Guardians

Saor: Guardians

Uchronie prog: et si Mike Oldfield avait fait du black-metal atmosphérique? Bon, c’est foireux, parce que plus de quarante ans séparent Tubular Bells de ce Guardians de Saor, découvert après une chronique particulièrement enthousiaste de Angry Metal Guy.

Saor, c’est un projet emmené par un musicien écossais, Andy Marshall. Je ne sais pas ce que valent ses deux autres albums, mais à l’ouï de celui-ci, c’est un type qui maîtrise à la perfection le cocktail black-metal / atmosphérique / folk celtique.

Guardians ne propose que cinq pistes, mais toutes font entre dix minutes et demie et onze minutes et demie. L’album dure donc cinquante-cinq minutes, avec un accent marqué sur les très longues plages instrumentales, cinématiques, où le chant black-metal est une sorte de respiration, une plongée dans les entrailles de la terre après des phases aériennes.

Pour le cas où ce n’était pas immédiatement perceptible, je partage entièrement l’enthousiasme du chroniqueur de AMG mentionné plus haut. Déjà que le black atmosphérique est un genre que j’apprécie beaucoup, surtout dans la tendance folk / pagan (voir Negura Bunget ou Moonsorrow), je trouve que ce mélange-ci est particulièrement bien fait. Violons, flûtes et cornemuses y côtoient les grosses guitares et la double grosse caisse.

Je ne saurais trop vous conseiller telle ou telle piste plus particulièrement, d’abord parce qu’il n’y a aucun moment réellement faible dans cet album et ensuite parce qu’il est difficile de disséquer des morceaux de onze minutes. Dans le Saor, tout est bon! Bon, vous allez avoir des passages plus sauvages, comme sur « The Declaration », et d’autres plus aériens, mais ça reste de très haut niveau.

Ce qui est particulièrement remarquable, c’est que Guardians propose des compositions avec une richesse impressionnante. Si je compare avec Mike Oldfield (période Hergest Ridge), c’est aussi parce que Saor partage avec lui un amour pour les couches multiples de textures musicales, qui se croisent et se chevauchent avec l’assistance d’une production solide.

Pour le prix raisonnable de £6.50 sur Bandcamp, vous avez près d’une heure qui n’est pas réellement du black-metal, pas réellement du folk non plus ni même du rock progressif instrumental oldfieldien, mais quelque chose qui tient du miracle alchimique, l’alliance parfaite de ces trois éléments.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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