« Surveillance:// », de Tristan Nitot (spécial Ray’s Day)

"Surveillance", de Tristan Nitot

Aujourd’hui, je pose cette petite chronique sur Surveillance://, livre-guide de Tristan Nitot sur le pistage corporatiste et étatique des utilisateurs sur Internet (entre autre), mais c’est un bouquin que j’ai lu il y a plus d’un mois – lors de mon voyage à Paris pour la Japan Expo, pour être précis.

Alors pourquoi aujourd’hui et pourquoi seulement aujourd’hui? La réponse à la première question est qu’aujourd’hui, c’est le Ray’s Day, fête de la lecture et des lecteurs, et qu’une chronique littéraire en ce jour est un peu le minimum syndical que je puisse faire.

Quant à la deuxième, je dois avouer que Surveillance:// m’a quelque peu déçu, mais surtout parce que c’est un sujet que je connais déjà bien et que, somme toute, j’espérais de l’inédit. Ce qui est un peu crétin, je l’avoue; mais ce n’est pas comme si c’était la première fois que j’abordais une œuvre avec des idées préconçues.

Le fait est que Surveillance:// est un bouquin important, même s’il ne l’est pas pour moi ni pour la plupart des gens qui s’intéressent un minimum à Internet, les réseaux sociaux, la publicité en ligne, la sécurité informatique, le chiffrage et toute ces choses.

Son sous-titre, « Les libertés au défi du numérique: comprendre et agir », résume parfaitement l’enjeu de cet ouvrage. En termes simples, mais pas simplistes, Tristan Nitot décortique comment fonctionnent nos ordinateurs – y compris les versions de poches que sont nos téléphones – et souligne un problème central: nous n’avons pas le contrôle de nos machines. Pas vraiment, en tous cas. C’est même elles qui, parfois, nous contrôlent.

Partant de ce constat – et d’une explication circonstanciée de qui contrôle quoi et comment – il explique les dangers de la situation et les remèdes à y apporter. Le tout est truffé d’exemples et essaye, autant que faire se peut, d’éviter le jargon.

Je me répète: Surveillance:// est un bouquin important. Pas forcément pour moi, mais je me verrais bien l’offrir à quelqu’un qui n’a pas mes connaissances sur le sujet. Il a néanmoins, et à mon avis, deux défauts.

D’abord, il parle d’un domaine qui évolue somme toute très vite. Hélas pas en bien: un certain nombre des informations qui s’y trouvent sont déjà obsolètes, un an après la parution. Ensuite, le problème d’un certain nombre des solutions qu’il propose souffrent d’un problème mortel: ce sont peut-être des instruments plus sûrs, mais personne ne les utilisent en dehors d’une poignée de geeks.

C’est le souci que je soulevais quand je parlais des nouveaux réseaux sociaux libres que sont Diaspora* ou Mastodon: l’aspect « social » est capital. Si tous mes potes / clients sont sur Facebook ou Twitter, pourquoi viendrais-je sur les deux précités?

Je peux difficilement blâmer Tristan Nitot pour ces deux problèmes. C’est, d’une part, le défaut du média papier qui ne donne qu’un aperçu figé dans le temps et, d’autre part, la question sociale dépasse sans doute le cadre du bouquin.

Quoi qu’il en soit, pour 200 pages et moins de vingt euros, Surveillance:// est ouvrage qui mérite qu’on s’y intéresse, pour soi et/ou pour ses proches.

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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3 réponses

  1. ça fait chère la page, quand même…. Comme toujours, ce livre intéressera une personne qui est interpelé par le sujet… donc déjà un peu au courant. Avec un peu plus de théorie du complot, est-ce que ça marcherait mieux :p?
    Après, je m’imagine la partie smartphone aujourd’hui, dans le bouquin, ça doit être assez drôle depuis que les OS libres ont disparu. Le Nokia 3310, voilà l’avenir !
    Pour le « social », je préfère ne pas développer aussi 😉
    Didier A. (Iceman) Articles récents…BD : Life de Keiko Suenobu (2002)My Profile

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