TesseracT: Sonder

TesseracT est de retour! Après l’exceptionnel Altered State, un live raté et un Polaris quelque peu décevant, c’est rien de dire que j’attendais au tournant le groupe anglais. Surprise: ce Sonder est un album très resserré, court et intense, un véritable espresso prog.

Fer de lance du metal progressif tendance djent mélodique, TesseracT propose une musique très syncopée, faite de décrochages multiples, avec des ambiances froides touchant parfois à l’électro voire à l’indus. J’avais critiqué, sur Polaris, un essoufflement sur la longueur, c’est moins le cas ici.

Il faut dire que ce Sonder est un album court – presqu’un EP. Trente-six minutes, huit pistes concises dont la plus longue, “King”, n’atteint même pas les sept minutes. L’illustration de couverture est à l’image de la musique: revenue à l’essentiel, épurée presque minimaliste (pour ceux qui se demandent ce que cela représente, je vous conseille la vidéo de “Luminary” qui, comme son nom l’indique est éclairante).

L’exercice réussit plutôt bien à TesseracT, qui propose ainsi une musique plus intense, plus percutante. Entre la section rythmique, en mode “frappe d’artillerie”, et les décrochages guitaristiques typiques du djent, le groupe joue sur les oppositions entre ce tabassage en règle et les éléments les plus aériens de sa musique, notamment les claviers.

TesseracT, pour moi, est un groupe dont les albums ont une capacité à me propulser dans l’espace, façon The Expanse. On a souvent l’impression de se retrouver à la limite de l’atmosphère planétaire, dans une zone froide à l’air raréfié, où les couleurs et les lumières sont plus intenses. Sonder est clairement à ce niveau.

De plus, ces compositions s’enchaînent souvent sans temps mort, ce qui n’est pas sans me rappeler ce que j’imaginais pour Unborn Oracle dans Progressions. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si TesseracT – sous le pseudo de “Hypercube” – est cité comme une inspiration du groupe et souvent mentionné.

Quelque part, je suis un peu déçu d’avoir raté TesseracT lors de son passage récent à Monthey – MONTHEY! – mais je me suis déjà promis de me rattraper à Aarau, à la fin de l’année. En espérant que leur set soit, à l’image de leur album, plus resserré, plus homogène.

En attendant, Sonder est un excellent album – pas parfait, mais pas très loin non plus. Ce n’est pas forcément le joyau que pouvait être Altered State, mais il s’en approche. Des compositions comme “King”, “Juno” ou “Beneath My Skin” sont impressionnantes, même si le soufflé retombe un peu vers la fin.

Bonus: les vidéos de “Luminary” et de “King”, les deux premières pistes de l’album


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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