Cân Bardd: Nature Stays Silent

Cân Bardd: Nature Stays Silent

La découverte de nouveaux albums prend parfois des chemins bizarres. Ainsi, ce Nature Stays Silent de Cân Bardd, découvert en discutant avec Chester Civelli, guitariste et chanteur de Flying Peppers et qui était le tech light lors du Female Metal Fest.

Parce que Cân Bardd, c’est le groupe de son frère, Malo (qui officie habituellement avec Kaatarakt). Du black-folk atmosphérique qui me rappelle beaucoup Saor, avec son côté “Mike Oldfield fait du black-metal”. Dans le cas présent, c’est même un projet solo, puisqu’il a un peu tout fait tout seul.

Et, comme projet solo, Nature Stays Silent se pose un peu là: huit pistes entre cinq et douze minutes, une durée totale qui dépasse largement l’heure. En fait, seule l’intro fait moins de sept minutes. Bienvenue dans les grands espaces!

Alors quand je dis “Mike Oldfield fait du black-metal”, je tiens à préciser que j’exagère un peu. Lors de ma chronique de Saor, qui était autrement plus proche de cette définition, j’ai eu droit aux cris outragés des fans.

Donc, rappel: dans cette métaphore, la partie “black-metal” est largement aussi importante que la partie “Mike Oldfield”. Notamment les chants hurlés qui sont somme toute assez fréquents.

Ceci posé, derrière sa pochette illustrée d’une œuvre d’Alexandre Calame – un peintre genevois du XIXe siècle parmi mes préférés – Cân Bardd propose tout de même des mélodies spectaculaires et des passages épiques, qui me rappellent beaucoup les instrumentaux oldfieldiens de la première époque (disons, jusqu’à Incantations).

Cet aspect de Nature Stays Silent est à mon avis une réussite, des pistes comme “Introduction”, “My Ancestors”, “Méditation glaciale” ou “Underwater” sont somptueuses. Il y a cependant un bémol – si je puis dire.

Le gros défaut de Nature Stays Silent, c’est qu’il ne bénéficie pas d’une production qui lui permettrait de réellement briller. Ce serait même le contraire: alors que le son devrait être aérien et lumineux, il est boueux, tout mélangé – notamment sur “An Evolving Painting” et, plus généralement, sur les parties chantées (ou hurlées). Quelque part, dans le genre de ratage, ça me rappelle un peu l’album de Lör.

Malgré ces défauts, Nature Stays Silentdisponible à un prix très raisonnable sur Bandcamp – est un excellent album. Il montre une fois de plus que le black-metal n’est pas seulement un genre musical pour satanistes habillés en noir. Quand on pose en plus le fait que Malo Civelli a tout juste vingt ans, on se dit que c’est un projet qui a le potentiel pour de grandes choses – avec notamment un album à suivre en 2019.

(Gag: je viens de voir, après avoir écrit cette chronique, que j’avais sauvegardé celle de Angry Metal Guy, début avril, sans percuter sur le nom.)

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