Insomnium à Annemasse

Et allez, deuxième concert et autant de jours, cette fois-ci j’embarque avec Fulgan, qui est mon ami avant d’être mon beau-frère, pour aller voir Insomnium et leur death-metal mélodique. Direction Château Rouge, une très belle salle, moderne et tout, à Annemasse. Techniquement, Annemasse est en France, mais c’est tellement proche de la frontière qu’on peut dire que c’est une ville de la banlieue genevoise.

J’avais réussi à obtenir in extremis un passe-photo, mais, au moment de sortir mon appareil de son sac, je m’aperçois que j’avais laissé la batterie dans le chargeur, à la maison. Bon, je devrais avoir des batteries de rechange. Sauf que je les ai oubliées aussi. Et j’ai aussi oublié mon appareil de secours. Ah, et mon portable na plus que 15% de batterie. Ouin.

Vous allez rire: c’est vendredi 13!

Bon, pas grave. Pour une fois, je vais passer un concert sans avoir le pif collé derrière un viseur de réflex, ça me changera. On déboule donc dans une petite salle, avec un bar à un bout et, à l’autre, une scène bizarre, très large mais peu profonde. Je me dis que les autres groupes ont dû installer leur matois derrière le rideau et on commande une bière. Parce que metal.

Monsuta (nu-metal, France) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Le premier groupe de la soirée, ce sont les locaux de Monsutā qui se lancent dans un set nu-metal. Streetwear et dreadlocks en pagailles, je reconnais dans le lot le chanteur de Crysalid – c’est assez facile, il a environ quinze mètres de dreadlocks sur la tête et saute dans tous les sens.

On trouve également dans le groupe des membres de JC Jess et de Asymmetric Road – un peu tout le gratin de la scène metal haut-savoyarde. C’est très énergique, plutôt bien maîtrisé et, compte tenu des circonstances, leur set bénéficie d’une technique très correcte.

À la fin du set de Monsutā, la foule – qui s’est bien épaissie dans l’intervalle – passe dans la grande salle. Je me disais bien que c’était un peu petit, encore que j’ai déjà vu des groupes plus connus dans des salles plus petites. Celle-ci peut officiellement accueillir 700 personnes et elle est bien aux trois-quarts pleine quand déboule Tribulation.

Tribulation (death-metal, Suède) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)
Tribulation (death-metal, Suède) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)
Tribulation (death-metal, Suède) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Tribulation, autre groupe que je découvre pour l’occasion, est une formation suédoise qui donne dans le death-metal avec un petit côté old-skool, borderline black-metal, jusque dans l’imagerie à base de squelettes de chauve-souris, de vraie-fausse gravure ancienne morbide, de bâtonnets d’encens et de maquillages cadavériques.

Apparaissant d’abord sous forme de trio – le deuxième guitariste ayant sans doute connu un problème technique – il se distingue surtout par une grosse patate et un guitariste androgyne virevoltant. Même un morceau qui s’appelle “The Lament” envoie les watts. Leur prestation, plutôt enthousiasmante avec des instrumentaux sympathiques comme tout, dure une bonne heure.

Insomnium (death-metal, Finlande) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Un petit tour au bar plus tard et Insomnium arrive. La foule est maintenant présente en masse, même si la salle n’est pas complètement pleine. Comme prévu, le groupe commence par Winter’s Gate. Oui, tout l’album. Ou tout le morceau, puisqu’il s’agit d’un concept de quarante minutes, basé sur une nouvelle d’un bassiste et chanteur.

Malheureusement, quelques problèmes de son viennent pénaliser la prestation. J’avais déjà un petit peu peur de comment un album aussi subtil allait passer la barre de la prestation live, dans le cas présent les six premières minutes se sont déroulées avec quasiment pas de son en façade; on avait l’impression de n’entendre que les retours.

Au reste, tout Winter’s Gate s’est déroulé avec un son bizarre; la régie a semble-t-il pu régler les plus gros problèmes au premier break du morceau, mais lorsque le groupe a attaqué la seconde partie de son set (i.e pas Winter’s Gate), le son était de nouveau très différent, plus “normal”. Le style d’éclairage était aussi très différent, avec quasiment aucune lumière de face pendant Winter’s Gate.

Tous ces problèmes n’ont pas fondamentalement eu d’impact sur l’enthousiasme d’Insomnium et sur leur prestation scénique. C’était d’ailleurs amusant de voir qu’en comparaison des deux autres groupes, eux arboraient un look classique “colosses blonds barbus habillés en jean’s et t-shirt noirs” (sauf le batteur, qui est chauve).

Insomnium (death-metal, Finlande) en concert à Château-Rouge, Annemasse (France), le 13 mars 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé et à réservé au groupe un accueil plus qu’enthousiaste. J’ai souvent coutume de dire que les metaleux, c’est un peu le meilleur public du monde – en même temps, j’en ai connais peu d’autres – et, dans le cas présent, ça s’est vérifié. Circles of deaths, hurlements, troupeaux de “cornes” et tapage dans les mains en rythme: le grand jeu.

Même avec des ratages, un concert de metal reste un concert de metal. Si en plus les groupes sont bons, c’est vraiment cool. Et soyons clair, si les problèmes de son étaient effectivement un peu pénalisant pour le plaisir du spectacle, au moins c’était propre, sans larsen, et pas à des niveaux de bourrin.

Et puis bon, au vu de mon fumble photographique de noob, je ne vais pas non plus trop la ramender dans la catégorie ratage de compète. Et, très franchement, l’ami Fulgan et moi, on s’est bien éclatés. C’est le principal.

Pas de galerie de photo cette fois-ci: mes clichés sont vraiment trop moisis. J’ai honte. Plaignez-moi! Bouh.


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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. Corb3o dit :

    Han!!! Merci tonton Alias!!
    Je viens de découvrir ce groupe grâce à toi.
    Comme à chacune de tes chroniques j’ecoute l’album pour me faire mon idée.
    Et là.
    Woah.

    Merci!!

    • Alias dit :

      Hello et bienvenue pour ce premier commentaire!

      Content que ça te plaise! Il était dans mon Top 3 en 2016 (avec Earthside et Cult of Luna/Julie Christmas).

  2. Palinca dit :

    bouh !
    Au moins, t’as pris du plaisir, c’est le principal
    et tu pourras te rappeler de cette soirée “photographe sans matos” dans plusieurs années ^^

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