Kino: Radio Voltaire

Kino: Radio Voltaire

Rien n’est jamais fini tant que ce n’est pas fini et il en va ainsi pour beaucoup de choses, comme les supergroupes éphémères, que ce soit en rock progressif ou dans d’autres styles. Témoin ce Radio Voltaire, nouvel album de Kino sorti treize ans après le précédent.

Kino est donc un supergroupe, en ce qu’il accueille un trio de pointures de la scène néo-prog britannique: Peter Trewavas (Marillion) à la basse et aux claviers, John Mitchell (Lonely Robot, Frost*) aux guitares et au chant et Craig Blundell (Frost* aussi, Steven Wilson) à la batterie.

Musicalement, avec deux membres de Frost*, ce n’est pas très étonnant si le néo-prog de Kino s’en approche. Ce qui n’est, de mon point de vue, pas un mal, vu que Frost* est à mon avis un des groupes les plus audacieux de la scène néo-prog. Malheureusement, cette audace est loin d’être présente dans tout l’album.

Dans la version que j’ai (simple CD; je précise, parce que certaines éditions ont des pistes-bonus), Radio Voltaire compte onze titres entre deux et sept minutes, pour un total d’un peu moins d’une heure. Seuls trois pistes dépassent les six minutes – et encore, pas de beaucoup.

Le souci que j’ai avec Radio Voltaire, c’est qu’il y a fondamentalement deux types de morceaux: des titres néo-prog modernes, énergiques et qui balancent la sauce, et des pistes calmes qui sont définitivement trop calmes. Il y a une ou deux exceptions, mais je trouve que les secondes ne sont pas enthousiasmantes.

Heureusement, il y a des morceaux qui poutrent, très “frostiens”, comme “The Dead Club”, “I Won’t Break So Easily Anymore” ou “Grey Shapes on a Concrete Field”, plus quelques gemmes parmi les calmes, comme “Radio Voltaire” ou “The Silent Fighter Pilot”.

On arrive donc sur un schéma “quand c’est bien, c’est très bien, mais c’est loin d’être très bien tout le temps”. Je comprends la nécessité de ménager des “respirations” dans un album, des passages plus calmes pour tempérer le côté surexcité d’autres pistes, mais là, j’ai vraiment l’impression qu’il y a de grosses variations dans l’intérêt des morceaux.

Quand on voit le casting somptueux derrière Kino, Radio Voltaire est un album un peu frustrant. On a un peu l’impression de payer plein pot pour un demi-album avec du remplissage. J’aurais aimé le recommander avec plus d’enthousiasme, mais avec à peine la moitié des pistes qui me plaisent vraiment, c’est dur.

Bonus: la vidéo de “Gray Shapes on Concrete Fields”, qui est heureusement un des chouettes morceaux de cet album


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Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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2 réponses

  1. Le Brun Jean-Christophe dit :

    Très déçu par cet album alors que le premier est devenu culte. Kino avait un contrat avec Inside Out pour trois albums, il semblerait que Radio Voltaire soit une manière de remplir se contrat. Cela ressemble à du Frost* et du Lonely Robot, pas d’originalité, mais ça s’éoute quand même…

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