Nubia / Voyager / Uneven Structure à Zoug

Voyager à Zoug

Samedi, 8 h du matin. Je monte dans le train à Baar pour rejoindre ma dame à Sion, pour Destination Tokyo, avec encore dans les oreilles le concert de la veille avec Nubia, Voyager et Uneven Structure au Industrie 45 de Zoug.

Et, si je tape ce premier brouillon sur mon téléphone, c’est qu’une des choses que j’ai oubliées à la maison, c’est mon ordinateur portable. Ainsi que la bretelle de l’appareil photo et mes protections d’oreille. C’est pas beau de vieillir !

Zoug, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un peu au sud de Zürich, en pleine Suisse centrale. Une ville plus connue pour ces machines à laver et ses sociétés-écrans que pour sa scène metal.

La salle Industrie 45 – i45 pour les intimes – est nichée dans une zone industrielle (comme son nom l’indique) entre une voie ferrée désaffectée et des entrepôts. Ce n’est pas une très grande salle: environ 200 places debout.

Comme souvent, j’arrive avec près d’une heure d’avance – l’événement Facebook annonçait dans un premier temps une ouverture des portes à 18 h 30, mais c’était visiblement optimiste. Pas grave, je préfère ça que le contraire et ça me permet de constater que le concert aura un troisième groupe.

Nubia à Zoug

En effet, ce sont les Lucernois de Nubia, venus en voisins, qui ouvrent la soirée. Avec son metal progressif instrumental, le groupe fait plus que de la figuration : ce n’est certes pas turbo-original, mais c’est carré, cohérent et remarquablement bien exécuté.

Peu de monde – entre 30 et 50 personnes – ce qui est franchement dommage, mais le public présent est enthousiaste. Beaucoup de t-shirts de prog-metal, il y en a même qui reconnaissent Naïve sur le mien, c’est dire.

Voyager à Zoug

Un court changement de scène plus tard et on entre dans le vif du sujet avec Voyager. Les Australiens se lancent dans un set ultra festif et généreux. On sent que le groupe aime ce qu’il fait: ça bouge dans tous les sens, c’est à la fois complexe et accessible.

J’avais déjà noté a l’écoute le côté remuant de la section rythmique, autour de la batterie. En live, c’est encore plus notable: Ash est un géant barbu surexcité derrière ses fûts et son collègue bassiste n’est pas en reste. En fait, tout le groupe saute comme des puces sous amphétamines au point que le chanteur apparaît comme le plus calme du lot. À part peut-être quand il sort son keytar

Pour un peu, j’en oublierais presque que la setlist ne compte que quatre pistes de leur dernier album, Ghost Mile: « Ascension », « Misery Is Only Company », « Ghost Mile » et « By the Riverside », avec deux pistes de V et deux autres de The Meaning of I. J’aurais aimé entendre « What a Wonderful Day » ou « This Gentle Earth ».

Uneven Structure à Zoug

Un autre changement plus tard et Uneven Structure attaque sa prestation sans crier gare. Pour le coup, on est plus du tout dans le même registre scénique : éclairé par l’arrière, le groupe semble surgir de la brume pour lancer à un monde mourant les ordres pour sa dernière bataille.

Centré sur leur dernier album, La Partition, Uneven Structure illustre à merveille son nom avec une musique en constant déséquilibre. À l’écoute, on se sent comme entraîné dans une chute sans fin vers l’avant. Ce n’est pas exactement la musique la plus facile à appréhender, mais elle a une intensité fascinante.

On sent que les musiciens sont à fond dedans et, si leur jeu de scène est moins expansif que celui de Voyager, c’est simplement parce que la musique ne s’y prête pas. Le groupe conclut sa performance sur trois titres de Februus, qui permettent de mesurer l’évolution du groupe entre ce deux albums.

J’ai pu passer un moment à discuter avec les membres des deux groupes, très accessibles et très sympas. Ça m’a permis de confirmer que La Partition est bien un concept album (l’histoire d’un marin qui voyage pour rapporter aux Sirènes une partition musicale). J’en ai profité pour récupérer quelques t-shirts de plus. Ça me manquait.

Le seul gros défaut de cette excellente soirée, c’est un son qui était objectivement trop fort – autour de 110 dB, avec des pointes à 130 – et le fait que le public était somme toute clairsemé pour une affiche de ce gabarit.

Ma galerie de photos est en ligne, toujours sous licence Creative Commons; mention spéciale à Uneven Structure qui gagne le titre du groupe le plus rude à photographier, avec ses éclairages LED depuis l’arrière (The Erkonauts et Tides from Nebula ne sont pas loins derrière, mais je veux croire que c’est aussi à cause de la salle).

Alias

Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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