Plini / Between the Buried and Me / TesseracT à Aarau

TesseracT à Aarau

Quand je vous dis que le KiFF d’Aarau est une salle qui commence solidement à s’imposer dans le domaine du prog en Suisse: ce vendredi, s’y produisaient trois formations majeures de la scène contemporaine: Plini, Between the Buried and Me, et TesseracT. Oui, rien que ça!

Comme, en plus c’est un vendredi soir, je pose mon après-midi de congé, j’embarque mon matos photo, je saute dans le train et Aarau, me (re-)voici! Bon, sauf que le train direct a eu une panne et je suis arrivé avec une demi-heure de retard. Après, quand on a l’habitude des retards SNCF, ça va.

En parlant de matos photo, j’en ai profité pour étrenner une configuration à deux appareils – trois en comptant le téléphone, pour la vidéo. Le 5D Mk III avait son habituel objectif 24-70 mm en f2.8, mais j’ai aussi pris le nouveau Canon M50 – celui qui me sert d’habitude à faire de la vidéo – sur lequel j’ai installé le 50 mm f1.4.

J’arrive parmi les premiers; je crains un instant que la soirée soit du genre intimiste, vu le peu de monde présent. D’autant que l’organisateur avait annoncé qu’il y avait encore des billets en vente.

Ça a vite évolué, au point que je me suis demandé si tout avait été finalement vendu. Parce qu’autrement, je ne sais pas trop où on aurait pu mettre les spectateurs supplémentaires. En d’autres termes, la salle était blindée!

Après un petit tour au merch (deux t-shirts) et au bar (un cola, parce que je me sentais un peu patraque), c’est le moment de jouer des coudes pour rallier le devant de salle – squatté d’ailleurs par les francophones.

Plini à Aarau
Plini (metal progressif instrumental, Australie) en concert au KiFF d’Aarau (Suisse), le 23 novembre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

À dix-neuf heures tapantes, Plini ouvre le bal. J’avais déjà eu l’occasion de les voir, dans cette même salle, l’année passée, lors du Prog Frog Festival. La formation australienne joue un metal progressif instrumental, dans un genre qui rappelle pas mal Joe Satriani.

Alors bon, personnellement, je ne suis pas trop fan du genre. Même si je crie assez souvent sur les groupes qui abusent du chant, ceux qui donnent dans le pur instrumental me lassent assez vite.

Fort heureusement, Plini va se contenter d’un set court – une demi-heure, soit à peu près cinq morceaux pas plus. C’est un gros contraste par rapport à l’année passée, où ils étaient une des deux têtes d’affiche. De plus, le groupe fait montre d’une belle énergie – soutenu par un public conquis – tout en restant humble. Ce qui est plutôt cool.

Between the Buried and Me à Aarau
Between the Buried and Me (metal progressif, USA) en concert au KiFF d’Aarau (Suisse), le 23 novembre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Changement de scène et place à Between the Buried and Me, qui surprend presque tout le monde – je suppose que les techniciens étaient au courant – en attaquant leur concert en mode full patate, façon faux sound-check, sur “The Proverbial Bellow”. On est tombé sur des taquins.

Et c’est parti pour une heure à fond les ballons, Le groupe enchaîne les morceaux quasiment sans transition, ce qui est impressionnant, surtout quand on connaît les compositions alambiqués des Américains! Cette fois-ci sans surprise, le set fait la part belle à Automata (surtout Automata II), le dernier album du groupe.

Entre ce parti-pris d’enchaîner à toute blinde, qui donne à l’ensemble une cohérence et une intensité spectaculaires, et l’énergie du groupe, Between the Buried and Me s’avère très impressionnant en concert – malgré un chanteur difficilement audible au début. Ils se paient même le luxe de terminer en avance sur l’horaire prévu.

TesseracT à Aarau
TesseracT (metal progressif, Grande-Bretagne) en concert au KiFF d’Aarau (Suisse), le 23 novembre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Il est vingt-deux heures quand TesseracT prend possession d’une scène très épurée. Je les attendais pour deux raisons: d’abord, le souvenir d’un concert à Genève, il y a quatre ans, qui m’avait laissé un souvenir mitigé, et ensuite parce que leur dernier album, Sonder, est une bien grosse tuerie.

Sur ces deux plans, j’avoue que c’est la déception qui prévaut. D’une part, TesseracT ne va pas jouer beaucoup de morceaux de Sonder – quatre en tout, sur un total de près de quinze compositions. D’autre part, on va de nouveau avoir droit à un mélange chaotique de morceaux venus de quatre albums différents.

Ça me frustre, parce que je ne comprends pas pourquoi TesseracT prend la peine de faire des concept-albums si c’est pour les découper en concert. Enchaîner “Luminary” (Sonder), “Nocturne” (Altered State) et deux parties de Concealing Fate en ouverture est un exemple.

TesseracT (metal progressif, Grande-Bretagne) en concert au KiFF d’Aarau (Suisse), le 23 novembre 2018. Photo: Stéphane Gallay, sous licence Creative Commons (CC-BY)

Il faut cependant avouer que le groupe va balancer près d’une heure et demie de concert de haut niveau. TesseracT combine haute énergie et perfection technique et, musicalement, la glace et le feu. Daniel Tompkins, le chanteur, a parfois du mal, notamment sur les morceaux de Altered State (logique: c’est le seul album sur lequel il n’a pas chanté), mais c’est mineur.

Nonobstant ma frustration – un peu prog-snob, j’avoue – c’est un concert intense et solide que nous offrent les Britanniques. Pas de rappel, mais est-ce vraiment nécessaire?

Encore une fois, le KiFF nous a balancé une soirée de qualité: trois groupes de haut niveau, un son globalement excellent et des light-shows bluffants pour une salle de cette taille. Et, aussi, je constate de nouveau que la salle attire un public relativement jeune et très féminin.

Alors c’est vrai que la distance implique une certaine logistique (train et hôtel), ce qui a un impact non négligeable sur les organismes (sous-entendu “de vieux”), mais pour des spectacles de cette qualité, ça en vaut largement la peine.

Comme toujours, vous pouvez retrouver ma galerie de photos sur Flickr, sous licence Creative Commons.


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Stéphane “Alias” Gallay, graphiste de profession, quinqua rôliste, amateur de rock progressif, geek autoproclamé et résident genevois, donc grande gueule. On vous aura prévenu.

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4 réponses

  1. Le Brun Jean-Christophe dit :

    Jolie affiche en effet ! Alors c’est comment de shooter avec deux boîtiers ? Lourd 😉

    • Alias dit :

      Le M50 est plutôt léger; c’est surtout encombrant, surtout au milieu de la foule qui pogote, mais c’est pratique de ne pas avoir à batailler pour changer les objos en plein concert.

  2. Encore heureux que TesseracT assure techniquement parce que visuellement, ça n’a pas un grand charisme… Pour Plini, j’avais un peu peur que ça soit trop Satrianesque en live par rapport au studio. Tu m’as un peu rassuré mais c’est aussi le set court qui doit faire ça.
    Didier A. (Iceman) Articles récents…Blog : Ralentir… encoreMy Profile

    • Alias dit :

      C’est clair que ce n’est pas Nightwish non plus. 🙂

      Mais il y a de l’énergie et de la maîtrise, c’est déjà bien.

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